Depuis un petit temps, j’étais interpellée par le fait d’être régulièrement submergée de tristesse, lorsque j’éprouve de la joie. En rue par exemple, lorsque j’aide une personne que je rencontre ou si nous discutons ensemble cela me procure de la joie car les relations interpersonnelles sont importantes pour moi. Or, quasi simultanément, je sentais les larmes me monter au yeux. Jusqu’à aujourd’hui, je mettais cela sur le compte d’une très (trop) grande sensibilité…

Récemment, lors d’une séance de méditation pleine conscience, l’instructeur nous a demandé de diriger notre attention vers un moment agréable du passé pour y retrouver les sensations corporelles, les émotions et les pensées. A ce moment précis, j’ai pris conscience qu’un sentiment substitutif de tristesse accompagnait mon émotion de joie. On appelle aussi cela une émotion racket. C’est-à-dire quand le ressenti de l’émotion ne correspond pas à la situation car il s’est substitué à l’émotion authentique lors de l’éducation. Les émotions substitutives peuvent impacter fortement nos relations familiales, sociales et professionnelles. Elles nous empêchent également d’agir de manière appropriée dans certaines situations. Les sensations de fatigue correspondent également souvent à des expressions empêchées d’émotions. On parle ailleurs d’épuisement émotionnel, signe souvent précurseur d’un burn-out.

Les substitutions des sentiments (tout comme les croyances) sont induites au moment de notre éducation, lorsque nos parents, nos proches nous ont interdit de ressentir certaines sensations émotionnelles car ils n’étaient eux-même pas « à l’aise » avec celles-ci ou encore parce qu’ils voulaient nous conformer à la culture dominante « Un garçon ne pleure pas! » ou encore « Une fille qui se met en colère est laide ». De ce fait, nous nous empêchons de les ressentir aujourd’hui car on nous l’a interdit dans le passé. Les signes de reconnaissance que nous recevions au moment où nous exprimions ces sentiments substitutifs aux sentiments authentiques (joie, colère, peur, tristesse, dégout, surprise, amour) jouent également un rôle important dans nos blocages à exprimer ces sentiments authentiques.

Pour développer notre compréhension des émotions substitutives, il existe le tableau simplifié des émotions de Carlo Moïso (Analyste transactionnel italien). Si un élément du tableau de la ligne correspondant à une émotion ne correspond pas avec les autres éléments, il s’agit d’un émotion racket. Exemple : Emotion de joie qui entraine une réaction de tristesse, de repli sur soi.

Il est très utile de prendre conscience d’une émotion substitutive chez nous ou chez une personne avec qui nous sommes en relation .  L’accepter, nous permet de l’évacuer et de nous ré-approprier l’émotion authentique. La remarquer chez l’autre, nous permet d’éviter des jugements trop rapides en nous souvenant que l’expression donnée n’est pas nécessairement une représentation juste de ce que la personne ressent ici et maintenant.

L’intelligence émotionnelle est un sujet qui me passionne et qui fait véritablement sens pour moi car je suis convaincue qu’il s’agit d’une clé principale qui ouvre la porte vers des relations saines et la performance des équipes.

J’espère de tout coeur, via cet article que je termine avec une joie authentique,  vous avoir apporté quelques « tips » utiles qui vous permettront de stimuler votre intelligence émotionnelle.

Si vous avez envie daller plus loin individuellement ou en équipe, je propose des accompagnements ainsi que des formations pour stimuler l’intelligence émotionnelle. C’est avec plaisir que je répondrai à votre demande, via le formulaire de contact.

Bibliographie : Colère, Peur, Tristesse, Joie : coacher les émotion, Daniel Chernet, Editions Eyrolles – 2016